Lorsque le jardin entre en sommeil sous le froid, les plantes retombantes apportent une touche de vie et de relief. Elles transforment balcons et murets en cascades de verdure et valorisent chaque recoin, tout en créant des écosystèmes préservés, même lorsque les températures chutent.
Pourquoi adopter des plantes retombantes en saison froide ?
Un intérêt esthétique : cascades de verdure quand tout le jardin est au repos
Durant l’hiver, balcons et jardins perdent leur éclat ; les feuillages tombent et la couleur disparaît presque. Les plantes retombantes mettent fin à cette sensation de vide. Leurs tiges souples créent des chutes végétales qui dynamisent l'espace, même sous un ciel bas.
Installées en hauteur ou sur un muret, elles permettent :
- de jouer sur les contrastes avec les branches nues et les sols dénudés ;
- de créer un mouvement visuel vertical et horizontal, en descendant le long d’un mur, en débordant d’une jardinière, ou en longeant une rambarde ;
- de souligner les éléments architecturaux, comme une porte, un escalier, un balcon ou une pergola.
Sur le plan psychologique, ces gerbes de feuillage prolongent la sensation de verdure. Même lorsque les massifs se reposent, le lien visuel avec le vivant demeure. Il suffit d’une potée de lierres, de petites vivaces ou de fougères rustiques pour métamorphoser un rebord de fenêtre en un mini-jardin d’hiver.
Gain de place : balcons, murets, suspensions et jardinières étroites
Les plantes retombantes sont précieuses lorsque la place manque. Sur un balcon ou une terrasse en ville, exploiter la verticalité libère l'espace au sol.
- En suspension, elles n’entravent pas la circulation.
- Sur un muret ou une rambarde, elles forment une cascade sans empiéter sur l’espace de vie.
- Dans une jardinière étroite, elles comblent le regard sans réclamer beaucoup d’espace.
Elles poussent parfaitement en pot, ce qui les rend idéales pour rebords de fenêtre, loggias et petites terrasses. En hiver, l’entretien se simplifie : arroser ou couper quelques tiges reste facile, sans se salir dans un massif détrempé.
Atouts écologiques : microclimat autour des murs, refuge pour la petite faune
Installer des plantes retombantes en hiver, c’est aussi participer à la création d’un microclimat protecteur.
Leur feuillage :
- amortit les variations de température en agissant comme isolant,
- protège murs et joints de la pluie et du vent, limitant l’érosion,
- réduit l’évaporation de l’eau sur les façades exposées.
Entre tiges et feuilles, de petites cachettes se forment, servant d’abri à la petite faune : insectes, araignées, voire un oiseau en quête de refuge. Même sur un balcon, quelques suspensions suffisent à enrichir la biodiversité et à attirer des auxiliaires utiles pour le printemps suivant.
Quand tout semble figé, ces traînées de feuillage deviennent de petits écosystèmes discrets mais essentiels.
Panorama des variétés retombantes vraiment robustes
Lierre (Hedera helix et cultivars)
Le lierre reste une valeur sûre pour un effet retombant sans tracas. Les variétés classiques supportent des températures jusqu’à –20 °C une fois installées.
Les cultivars verts résistent mieux au froid et à la sécheresse ; les formes panachées, plus décoratives, sont un peu plus sensibles au gel et au soleil hivernal.
En pot :
- isolez la motte du gel avec une jardinière épaisse ou un voile d’hivernage ;
- privilégiez un minimum de lumière en hiver.
Le lierre s’utilise volontiers :
- pour tapisser rapidement les murets,
- en paniers suspendus, où ses tiges descendent en cascade,
- en couvre-sol pour stabiliser un talus.
Pour éviter qu’il s’emporte, une taille légère une à deux fois l’an suffit.
Véronique en épis retombante (Hebe pinguifolia, H. ‘Andersonii’)
Les Hebe retombants combinent une silhouette persistante et une floraison tardive, parfois jusqu’au début de l’hiver si le climat le permet.
Hebe pinguifolia tolère –8 à –10 °C en terrain bien drainé. Une protection au pied et un emplacement abrité renforcent sa rusticité. ‘Andersonii’ offre plus de fleurs, mais reste moins résistante au froid.
Ces plantes vont bien avec :
- des graminées naines (Festuca glauca, Carex testacea) pour jouer sur les textures,
- de petits conifères ou arbustes persistants à port compact.
En pot, un substrat très drainant et des arrosages modérés en hiver s’imposent.
Géranium lierre (Pelargonium peltatum) : séries Ice et hybrides zonales retombants
Les géraniums lierres font merveille en jardinière, mais nécessitent une protection sous 0 °C. Les séries "Ice" et hybrides zonales offrent des coloris variés, du blanc au pourpre, et une floraison qui dure souvent d’avril à novembre en climat doux.
Selon la région :
- En zone douce, un simple déplacement près d’un mur abrité et une coupe des tiges permettent un hivernage partiel.
- Sous climat rude, il vaut mieux rentrer les pots dans une véranda, une serre froide ou un garage lumineux.
L’arrosage doit être très limité en hiver pour éviter la pourriture des racines.
Autres options complémentaires à connaître
Quelques espèces gagnent à être intégrées aux compositions :
- Dichondra ‘Silver Falls’ : feuillage argenté remarquable, idéal en suspension. Résiste à –5 °C avec un drainage parfait, mais il est conseillé de rentrer le pot l’hiver.
- Vinca minor ‘Illumination’ : ce petit couvre-sol semi-persistant, aux feuilles panachées de jaune, supporte des gels répétés sans broncher, notamment à l’ombre.
- Ajuga reptans ‘Burgundy Glow’ : feuillage pourpré très décoratif, parfait en jardinière isolée ou comme tapis printanier, jusqu’à –15 °C en protection suffisante.
En variant les associations, on compose des cascades végétales à la fois solides et décoratives toute l’année.
Réussir la plantation et l’aménagement hivernal
Choix du contenant ou de la zone de plantation (pots gélifs vs résine, pleine terre)
Le choix du contenant joue un rôle clé durant l’hiver.
Les pots en terre cuite sont sensibles au gel : l’eau infiltrée gèle et les fait éclater. Ils conviennent mieux aux climats doux ou à l’intérieur.
Préférez à l’extérieur :
- des pots en résine, bois épais, métal galvanisé ou fibre de terre,
- un volume généreux (minimum 30 cm de profondeur),
- un drainage efficace pour éviter l’eau stagnante.
La pleine terre reste la meilleure isolation naturelle contre les variations thermiques et s’adapte parfaitement aux sujets les plus rustiques.
Sur balcon, privilégiez des bacs mobiles (avec roulettes ou poignées) afin de les rapprocher d’un mur ou de les abriter si besoin.
L’apparence compte aussi : harmonisez couleurs et matériaux avec votre maison. L’hiver venu, votre jardin doit rester agréable à contempler depuis l’intérieur.
Substrat drainant spécial hiver : mélange terreau, compost mûr, perlite ou gravier
En hiver, l’excès d’humidité nuit souvent plus que le froid. Un substrat drainant devient donc indispensable.
Mélange recommandé :
- 50 % de terreau de qualité,
- 30 % de compost mûr,
- 20 % de perlite, pouzzolane ou gravier de 4 à 8 mm.
Ce mix :
- accélère l’écoulement de l’eau,
- apporte suffisamment d’organique sans surchauffe de la motte,
- évite l’asphyxie des racines,
- maintient un pH neutre convenant à la plupart des espèces.
Pour des bruyères ou azalées, n’hésitez pas à ajouter un peu de terre de bruyère.
Calendrier idéal : repiquage de fin d’été, enracinement avant les premières gelées
Pour traverser l’hiver sans stress, les plantes doivent s’enraciner avant les vagues de froid.
L’idéal :
- une plantation entre fin août et mi-octobre,
- un arrosage abondant juste après pour éliminer l’air piégé,
- une surveillance de la reprise (nouvelles feuilles, racines visibles).
Laissez vos plantes s'endurcir quand les nuits descendent à 5–8 °C. Plantez juste après les fortes chaleurs estivales, mais avant la grande chute des feuilles.
Exposition et microclimat : soleil d’hiver, effet paroi chaude, protection du vent
En hiver, capter la lumière devient essentiel. Orientez les plantations sud ou ouest pour profiter au mieux du soleil bas et réchauffer le substrat.
Un mur en pierre, brique ou crépi sombre emmagasine et restitue la chaleur, créant un microclimat doux.
A l’inverse, protégez vos cultures du vent d’est et du nord, très desséchants. Les haies, claustras, canisses ou grands pots de graminées assurent un brise-vent naturel, tout en préservant une circulation d’air suffisante.
Associations visuelles : retombantes et verticales (conifères nains, choux ornementaux)
Le secret d’un décor réussi ? Jouez avec les volumes et les contrastes. Mariez un élément vertical (conifère nain, graminée, rose de Noël) avec deux ou trois espèces retombantes.
Quelques idées à tester :
- un conifère miniature entouré de choux ornementaux et de lierre panaché qui ondule,
- une heuchère pourpre, un carex doré et un thym rampant pour une alternance de textures,
- des pensées hivernales, un skimmia de petite taille et une vinca en débord.
La palette d’hiver mise sur les verts profonds, pourpres, argentés, blancs adoucis, relevés de notes violettes ou rosées. Equilibrez hauteur et retombée pour donner à vos potées un effet généreux jusque dans la grisaille.
Entretien et protection contre le gel
Arrosage modéré mais régulier : comment éviter la sécheresse due au vent et drainer l’excédent d’eau ?
En hiver, la sécheresse due au vent fait plus de dégâts que le froid lui-même. Le substrat et les feuilles s’assèchent vite, surtout en pot.
Ajustez la fréquence :
- en climat humide : un arrosage toutes les deux ou trois semaines,
- en zone sèche, exposée au vent : contrôlez l’humidité du sol tous les 7 à 10 jours.
Tâtez la terre sur deux à trois centimètres ; si elle est sèche, arrosez. Si elle reste fraîche, attendez.
Veillez au drainage :
- gardez les trous bien dégagés,
- placez une couche de billes d’argile ou gravier au fond,
- videz toujours les soucoupes après l’arrosage.
Évitez de saturer le substrat, les racines gorgées d’eau gèlent plus vite qu’on ne le pense.
Taille et nettoyage : pourquoi supprimer les feuilles abîmées ?
Pendant l’hiver, optez pour une taille légère, juste ce qu’il faut pour garder vos plantes en forme.
De l’automne à la fin de l’hiver :
- enlevez les feuilles jaunies, noircies ou molles,
- coupez les tiges cassées ou mortes,
- réservez les tailles importantes pour le début du printemps.
Toujours utiliser un sécateur propre, désinfecté à l’alcool ou à la flamme. Jetez les déchets douteux à la poubelle plutôt qu’au compost. Un bon nettoyage assure une aération du feuillage et une reprise vigoureuse au printemps.
Paillage et voile d’hivernage : avec quels matériaux protéger les racines et quand installer la protection ?
Dès les premiers risques de gel, étalez un paillage au pied :
- 5 à 8 cm pour les vivaces rustiques,
- 10 cm pour les sujets fragiles.
Utilisez du chanvre, de la paille, des feuilles sèches ou du mulch pour le sol ; de la jute ou un paillis de bois pour les racines en pot.
Le voile d’hivernage se pose sans serrer, comme une cloche qui laisse l’air circuler. Maintenez-le avec des pinces ou des cailloux.
Au retour des beaux jours, retirez paillage et voile progressivement sur quelques jours afin d’éviter toute brutalité thermique.
Fertilisation légère en fin d’hiver pour relance printanière
Dans le courant de février ou au tout début mars, offrez à vos plantes une stimulation douce de reprise.
Privilégiez :
- un fin tapis de compost mûr,
- un soupçon d’engrais organique à diffusion lente (corne broyée, ballots pour vivaces ou arbustes).
Optez toujours pour de petites quantités ; mieux vaut un apport modeste, mais répété, qu’une surcharge risquant de brûler des racines encore peu actives.
Faites pénétrer la nutrition sur un sol très légèrement humide, puis arrosez un peu.
Gestes de secours lors de fortes vagues de froid : comment protéger rapidement ses potées ?
Prudence : surveillez la météo ! Lorsqu’une longue période de gel se profile, prévoyez une solution de secours.
Si vos pots sont légers, rapprochez-les d’un mur abrité ou placez-les dans un local lumineux mais hors gel (garage, serre froide). Pour les bacs lourds :
- isolez-les avec du carton, de vieux tissus ou des matériaux de récupération,
- regroupez-les pour renforcer le microclimat.
En complément, une cloche, un tunnel plastique ou une caisse transparente retournée protègent efficacement une plante isolée.
Aérez tout de suite après la vague de froid pour éviter condensation et maladies.
Surveillance des ravageurs hivernaux (pucerons d’hiver, charançon du lierre) et traitements doux
Même en hiver, surveillez l’apparition des pucerons d’hiver ou du charançon du lierre. Inspectez régulièrement l’envers des feuilles et la base des tiges.
Si besoin :
- vaporisez du savon noir dilué,
- utilisez des décoctions d’ail ou de prêle,
- retirez à la main les insectes observés.
Encouragez la faune auxiliaire en installant nichoirs, hôtels à insectes et tas de bois, pour attirer coccinelles, chrysopes et oiseaux insectivores.
Plus la biodiversité s’enrichit, moins vous aurez recours aux traitements, même naturels.
Les plantes retombantes donnent couleur et vie au jardin hivernal. Avec une sélection adaptée et des gestes d’entretien appropriés, elles composent un décor paisible, vivant, et offrent un abri discret à la biodiversité, même au cœur de l’hiver.
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