Il y a souvent, au fond du jardin, un vieux cerisier que personne n'ose plus toucher. Il a pris de la hauteur, ses branches basses sont mortes, et il ne donne plus que quelques fruits tout en haut, pour les merles. Le tailler soi-même paraît risqué, faire venir un professionnel paraît cher : alors on attend, et l'arbre continue de vieillir. C'est pourtant l'un des cas où une bonne taille, au bon moment, change tout.
Chaque fruitier a son calendrier
La première erreur est de tout tailler en même temps, en plein hiver. Les fruitiers à pépins le supportent très bien ; les fruitiers à noyau beaucoup moins.
| Fruitier | Quand tailler | Pourquoi |
| Pommier, poirier | En hiver, hors gel ; taille légère en vert l'été | L'arbre au repos cicatrise bien et l'on voit sa charpente |
| Cerisier, prunier, abricotier | Juste après la récolte, fin d'été | Coupés en hiver, ils cicatrisent mal et sont sensibles à la gommose |
| Noyer | Fin d'été | En hiver ou au printemps, il perd beaucoup de sève par les coupes |
| Figuier | Fin d'hiver, après les grands froids | Une taille légère suffit ; le froid abîme les coupes fraîches |
Pour notre vieux cerisier, la bonne fenêtre est donc la fin de l'été, et pas le mois de janvier.
Jusqu'où aller seul ?
Tant que l'arbre se travaille depuis le sol ou depuis un escabeau stable, la taille reste un travail de jardinier : un sécateur, un ébrancheur, une petite scie, des lames désinfectées à l'alcool entre deux arbres, et des coupes nettes au ras du bourrelet de la branche, sans laisser de chicot. Les touffes de gui sur les vieux pommiers s'enlèvent au passage, car elles affaiblissent l'arbre.
Le seuil, c'est la hauteur. Dès qu'il faut monter dans l'arbre, travailler au-dessus d'une toiture ou d'une clôture, ou descendre une grosse branche, le travail revient à un élagueur qui grimpe sur cordes ou intervient en nacelle. C'est aussi ce critère qui pèse le plus sur la facture : les fourchettes de prix d'un élagage sont d'ailleurs le plus souvent présentées par hauteur d'arbre, de l'arbre que l'on taille depuis le sol jusqu'aux plus grands sujets qui demandent un grimpeur.
Un dernier conseil vaut pour tous : un vieil arbre négligé ne se rattrape pas en une fois. Une taille trop sévère déclenche une forêt de gourmands et épuise l'arbre. Étaler la restauration sur deux ou trois saisons donne de bien meilleurs résultats.
Pourquoi deux devis pour le même arbre n'ont pas le même prix ?
Un élagueur ne chiffre pas un arbre, il chiffre un chantier. Au-delà de la hauteur, l'accès compte beaucoup : un verger en pente, un portail trop étroit pour une nacelle ou un terrain détrempé allongent le travail. L'environnement aussi : une serre, une maison ou une ligne électrique sous les branches obligent à descendre chaque morceau à la corde au lieu de le laisser tomber. Enfin, il faut savoir ce que deviennent les branches : broyées et laissées sur place, emportées, ou débitées en bûches.
Pour un verger, une astuce simple : faire tailler plusieurs arbres le même jour. Le déplacement et l'installation du matériel ne se paient qu'une fois. Et demandez toujours un devis écrit, arbre par arbre, pour comparer ce qui est comparable.
Le crédit d'impôt, souvent mal compris
Les petits travaux de jardinage confiés à une entreprise ou à une association de services à la personne ouvrent droit à un crédit d'impôt de 50 %, dans la limite de 5 000 euros de dépenses par an pour ce poste. La taille de petits fruitiers accessibles depuis le sol peut en faire partie. L'élagage d'un grand arbre, avec cordes ou nacelle, en revanche, n'est pas considéré comme un petit travail de jardinage. Mieux vaut poser la question à l'entreprise avant le chantier : elle sait si son intervention entre dans ce cadre et vous remettra l'attestation fiscale correspondante.
Et le bois ?
Le bois de taille d'un verger se valorise facilement. Broyés, les jeunes rameaux font un paillage riche au pied des arbres. Les grosses branches de pommier ou de cerisier, une fois sèches, sont parmi les meilleurs bois pour le barbecue et le fumage. Il suffit de le dire à l'élagueur avant le chantier pour qu'il laisse le broyat ou les bûches sur place.
Quant au vieux cerisier du fond du jardin, une taille de restauration en fin d'été, étalée sur deux ans, lui rendra probablement des branches basses et des cerises à hauteur de main.
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